Je vous parlais il y a quelques mois de ma reprise de la photo argentique. Je vous détaillerais très certainement dans un prochain article les raisons qui m’ont poussées à faire ce choix, et pourquoi je vais continuer dans cette voie, mais aujourd’hui, je voudrais faire un petit bilan en images sur ma première pellicule.
Elle a été réalisée avec un Mamiya RB67 ProS, appareil moyen format avec une taille de négatif assez conséquente, qui autorise des scans numériques de belle taille, et un grain assez discret.

Photographie argentique Mamiya RB67 ProS

Le moyen format argentique permet des photos avec un grain très fin, une belle luminosité et une faible profondeur de champ, idéale pour mettre en valeur un bouquet de mariée.

Mamiya RB67 ProS : les points positifs

Côté positif, on retrouve la réponse tonale absolument fantastique de la pellicule. On a un détail fou dans les lumières et les tons moyens et les tons chairs sont superbement rendus. La plupart des petits défauts de peau sont gommés, le rendu est globalement très doux, et pourtant on a une belle netteté.
Bref, en un mot comme en 100, pour le portrait artistique, la photographie argentique est non seulement adaptée, mais à mon goût elle est supérieure à la photographie numérique.

portrait au Mamiya RB67 ProS

Vous pouvez comparer ce portrait avec son équivalent numérique, posté il y a quelques semaines. Les tons chairs sont mieux rendus, les couleurs sont globalement plus délicates et le grain introduit une imperfection qui donne de la profondeur à ce portrait.

Les amoureux du vinyl par rapport au CD me comprendront parfaitement, on retrouve dans les procédés analogiques une chaleur, une aléatoirité et quelque part des petits défauts qui donnent une âme à la reproduction.
Qu’on ne s’y trompe pas, je ne suis pas prête à lâcher le numérique demain. La photographie argentique s’accommode mal des endroits sombres, il n’est donc pas prévu que je commence à charger de la pellicule pendant votre cérémonie à l’église ou à la mairie.

Mamiya RB67 ProS photographie

Le détail et le crémeux des pétales, très lumineux mais parfaitement rendus, me poussent à continuer à me réapproprier la technique argentique.

Mamiya RB67 ProS : ce qui marche moins bien

J’ai rencontré deux problèmes cependant, l’un lié directement au Mamiya RB67 ProS, et l’autre inhérent au traitement de la pellicule.
Le principal problème du Mamiya RB67 ProS, c’est qu’il est vendu de base avec un viseur qui permet de tenir l’appareil au niveau de la taille, à l’ancienne. Du coup pour les portraits, à moins de se jucher sur une échelle, on oublie, et surtout, l’image dans le viseur est affichée à l’envers, comme dans un miroir.
Je ne sais pas comment ça se passe pour vous niveau latéralisation et vision dans l’espace, mais pour moi c’est pas la fête. Autant dire qu’entre la mesure de lumière, les boutons et leviers divers à tirer et pousser dans le bon ordre, le cache film et surtout le cadrage, je passais minimum 4 minutes par photos.
Je n’évoque pas les scènes spontanées, mais même avec un mannequin qui pose, c’est beaucoup trop long pour obtenir un cliché vaguement naturel.

photographe de mariage argentique

Malgré tous les avantages de la pellicule, le poids impressionant et les nombreux réglages non-automatiques du Mamiya RB67 ProS en font plutôt un appareil de studio. Il est difficile à manier à main levée, et malgré toute la bonne volonté de mes modèles, il n’a pas été possible de réaliser des photos spontanées, que j’affectionne plus que les images ultra-posées.

N’étant pas le genre de fille qui lâche à la première difficulté, j’ai adjoint un vrai viseur à mon Mamiya RB67 ProS, portant le poids de la bête au 4,5 kg.
Et là, malgré tout, les choses se sont gâtées. Je n’arrive pas à porter à bout de bras pendant quelques minutes, sans trembler, une masse pareille.

Le deuxième petit souci, c’était de trouver un labo qui scanne mes pellicules à mon goût. C’est un peu compliqué, il faut trouver un labo qui est prêt à s’investir dans une relation avec le photographe pour coller vraiment à sa vision.
Cette pellicule a été scannée par Carmencita Lab sur un scanner Noritsu, pas complètement comme j’aurais voulu. Le Noritsu donne une composante très chaude, que j’ai tendance à trouver franchement jaune parfois.

détail bague mariage atypique Mamiya RB67 ProS

Le scanner Noritsu rend globalement des images assez chaudes, particulièrement quand il est associé avec la pellicule Portra 400 utilisée pour ce premier essai. Je reste donc un peu sur ma faim quand au rendu des scans de cette première pellicule, attendu que je cherchais un rendu plus doux, plus aérien, qui correspond plus à mon style photographique.

Ces petites mésaventures sonnent-elles le glas de mes essais en photographie argentique ?
Certainement pas.
Les points positifs restent pour moi trop importants pour abandonner l’affaire à la première difficulté. J’ai donc changé d’appareil et changé de labo, pour un résultat magnifique, qui me comble complètement.
Mais ça, je vous en dirais plus une prochaine fois…
(to be continued)

// Crédits par odre d’apparition | Modèles Rozenn Sine Spina | Aela | Pendentif Lugh | Bague & alliance L’Atelier Joaillerie | Bague Lugh | Fleurs Hortense&Joséphine | Robes Tara Deva | Assistant photographe Pierre Le Sayec //

3 réactions à “{Photographie argentique} Bilan de la 1ère pellicule au Mamiya RB67 ProS”

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